Hellfest : du Sanctuaire à la Kermesse

  Il fut un temps où le Hellfest, c’était du brut, de l’authentique, un rendez-vous pour ceux qui vivaient pour le riff et le pogo. Tu venais pour te détruire les oreilles sur Slayer ou Napalm Death, et tu repartais avec de la poussière dans les poumons et des bleus sur les tibias. C’était un festival pour les vrais, un truc qui faisait peur aux voisins et à ta grand-mère.

Aujourd’hui ? C’est une kermesse bien emballée. Tu vois plus de selfies et de smoothies que de mecs en veste à patchs. Le public a changé, la vibe aussi. Ça ne sent plus la sueur et la bière tiède, ça sent le Mojito à 15 balles et le parfum des influenceurs en zone VIP. Le pire, c’est qu’on dirait que certains ne viennent même pas pour la musique, mais juste pour pouvoir dire "j’y étais".

La programmation : où sont les riffs ?

Regardez les groupes qu’on te balance. Avant, tu avais Slayer, Pantera, Motörhead, des monstres qui te faisaient vibrer jusqu’à l’os. Maintenant, on te sort Muse et Ghost. Ghost, c’est du Katy Perry déguisé en prêtre satanique, et Muse… bah Muse, c’est pour vendre des téléphones ou des voitures électriques. Franchement, ça fait mal. Où sont passées les guitares qui te font hurler et les voix qui te filent des frissons ? Ça manque de dents, ça manque de tripes.






Le public : bienvenue aux touristes

Et parlons du public. Avant, les vrais se battaient pour aller devant, ils vivaient chaque riff comme si c’était le dernier. Maintenant ? C’est la foire aux touristes. Les gens te bousculent pour filmer un Reel ou râlent parce qu’ils ont de la poussière sur leurs chaussures blanches. Sérieusement, la poussière, c’est sacré ! Si tu ne peux pas respirer un nuage de terre sans pleurer, tu n’as rien à faire là. Retourne au brunch dominical avec tes œufs Bénédicte.


Et je ne parle même pas des influenceurs qui posent en T-shirt Iron Maiden acheté à Primark, en faisant semblant de connaître "The Trooper". Ces types-là ne tiendraient pas cinq minutes dans un pogo, mais ils te bloquent la vue pour leur séance photo. Pathétique.


Une douche ? Un Mojito ? Paye !

Et puis, le Hellfest, c’est devenu une cash machine. Tentes en carton à prix d’or, douches payantes, tiny houses… Tu veux te laver après trois jours de poussière et de sueur ? Prépare ton portefeuille. Et si tu as la malchance d’attraper la gastro, ce qui est un fait avéré, tu vas te ruiner entre l’eau minérale à 5 euros et les allers-retours aux toilettes. Bientôt, ils feront payer l’accès aux chiottes. Peut-être qu’il y aura un "Pass VIP WC" avec papier triple épaisseur et playlist Metallica en fond sonore.


Le Hellfest n’est plus ce qu’il était

Le Hellfest voulait plaire à tout le monde, et il y est presque arrivé. Mais en faisant ça, il a tout perdu. Les vrais fans, ceux qui venaient pour le son, pour le chaos, pour le partage, sont relégués au second plan. Ce qui reste, ce sont des touristes, des influenceurs, et des cocktails à 15 euros. Le festival est devenu un décor Instagram, un produit bien emballé pour les réseaux sociaux. C’est triste, parce que le Hellfest, c’était autre chose. C’était une communauté, une famille, un sanctuaire.


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